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Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le décès du Pr Henri Mestdagh à l’âge de 86 ans. Professeur d’anatomie et chirurgien orthopédiste, Chef de service au CHRU de Lille pendant plus de 20 ans, il a eu l’immense mérite de  poursuivre et compléter les travaux de ses aînés (Pierre Decoulx, Antoine Duquennoy et Jean Decoulx)  en créant une école de chirurgie qui perdure au travers de tous ses élèves qui gardent des liens étroits et un tendre souvenir de leur passage dans le service. Nombreux sont ceux qui témoignent y avoir passé les meilleurs moments de leur vie professionnelle.

Lors de mon arrivée à Lille en 1985, petit parisien perdu dans les Hauts-de-France (encore Nord Pas-de-Calais à cette époque), j’ai choisi mon premier stage chez Henri Mestdagh sans le connaître, et immédiatement j’ai senti que c’était là que je souhaitais poursuivre ma formation, tant ses qualités humaines vous donnait l’envie de faire un bout de chemin à ses côtés. Il parvenait à cumuler deux qualités essentielles et complémentaires, le sens de l’humain et une autorité naturelle indispensable sur un plan managérial.

Chirurgicalement, il avait du nez car, alors que ses collègues chefs de service s’intéressaient préférentiellement à la chirurgie de la hanche et du genou, il sentit l’émergence de la chirurgie de l’épaule dans les années 80 et 90 tout en poursuivant le développement de la chirurgie du pied qui trouvât son réel essor à la fin des années 90 et dans les années 2000. 

Non content d’avoir identifié ces tendances, il a su donner le goût de ces chirurgies à tous ses chefs de clinique, les dotant d’une parfaite  formation leur permettant ensuite de s’installer dans d’excellentes conditions en poursuivant ces chirurgies très recherchées, car peu de CHU assuraient alors un enseignement adapté dans ces domaines en voie de défrichement.

Ne cédant rien sur le plan Universitaire, son exigence nous permit de développer de nombreux travaux présentés dans les meilleures sociétés Scientifiques dont, bien entendu, la SOFCOT.

Travailleur et rigoureux, il sut insuffler ces valeurs à tous ses élèves qui en gardent un souvenir ému et une immense gratitude.

Il a honoré sa biappartenance en assurant un enseignement d'anatomie de grande qualité, centré bien sûr sur l'anatomie de l'appareil moteur, descriptive et surtout fonctionnelle, dans lequel il s'était spécialisé, mais aussi de l'abdomen qu'il avait longtemps pratiqué pendant la large formation de chirurgie générale qui, à cette époque précédait la spécialisation. Ses travaux de recherche anatomique furent nombreux, car c'était un chercheur infatigable et curieux de tout ce qui concernait l'appareil moteur, le rachis cervical compris, qui fut l'objet de sa thèse d'exercice.

Il disposait d’une immense culture générale, sa connaissance des régions françaises, de leurs caractéristiques géographiques et culinaires m’en imposait de même que ses connaissances historiques lui autorisaient toute discussion avec une pertinence  et une profondeur d’analyse qui nous laissait pantois. 

Henri Mestdagh, c’était un cœur immense dans une carapace d’autorité imposée par sa fonction, mais lorsque vous parveniez à percer cette carapace se révélait une richesse intérieure qui en imposait et une personnalité très attachante.

Très attaché aux valeurs familiales, il affectionnait se ressourcer dans cette Flandres qu’il affectionnait tant.

Ces qualités managériales furent une Source d’inspiration permanente lors de mes prises de responsabilité ultérieure en tant que chef de service puis de chef de pôle.

Il a facilité mon autonomie progressive, m’octroyant des responsabilités et me confiant les clés du service et je lui serai éternellement reconnaissant de m’avoir donné sa confiance.

Vous nous manquerez monsieur… 

Carlos Maynou